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« Ce n’est pas si grave… » : quand minimiser ce que l’on vit nous empêche de nous écouter

20 oct.
3 min de lecture


« Il y a pire. »

Cette phrase peut parfois nous aider à remettre les choses en perspective.

Mais elle peut aussi devenir une façon de minimiser ce que nous vivons.

Parce qu’après tout, nous continuons à travailler, à nous occuper de notre quotidien, à avancer. Rien de suffisamment grave pour dire que « ça ne va pas ».

Et pourtant…

On y pense régulièrement.On évite peut-être certaines situations.On repousse une décision.On n’ose pas dire quelque chose.On compose avec une situation qui ne nous convient plus vraiment.

Pas de catastrophe.

Mais quelque chose qui prend de la place.

Et si, plutôt que de nous demander si ce que nous vivons est assez grave, nous regardions simplement l’impact que cela a sur nous ?


À force de « faire avec »

Nous sommes capables de nous adapter à beaucoup de choses. Et heureusement.

Mais il arrive aussi que nous nous adaptions tellement bien à une situation que nous arrêtions de nous demander si elle nous convient encore.

On fait avec ce travail qui ne nous correspond plus vraiment.

Avec cette difficulté à dire non.

Avec cette peur qui influence certains choix.

Avec cette envie de changement que l’on repousse.

Avec cette relation dans laquelle quelque chose nous dérange sans que nous sachions forcément quoi.

Et puisque nous arrivons malgré tout à fonctionner, nous pouvons finir par considérer que ce n’est finalement « pas si important ».

Pourtant, être capable de vivre avec quelque chose ne signifie pas nécessairement que cela nous convient.


« Il y a pire »… mais est-ce une raison pour ne pas s’écouter ?

Oui, quelqu’un vit probablement une situation plus difficile que la nôtre.

Mais les deux réalités peuvent exister en même temps.

Une autre personne peut traverser quelque chose de plus difficile, et ce que nous vivons peut malgré tout nous toucher.

Le reconnaître ne signifie pas dramatiser.

Il ne s’agit pas de transformer chaque inconfort en problème ni de chercher absolument quelque chose à réparer.

On peut simplement reconnaître :

« Oui, ça me touche. »

Et s’autoriser à regarder ce que cela vient raconter de notre situation.

Parfois, nous n’en parlons même pas.

Parce que nous avons peur d’être jugé(e). Parce que nous ne voulons pas déranger. Parce que nous ne savons pas comment l’expliquer. Parce que nous avons l’impression que ce n’est pas assez important.

Ou parce que nous pensons :

« Il n’y a que moi qui vis ça. »

Pourtant, combien sommes-nous à cacher nos doutes, nos peurs ou certaines de nos vulnérabilités ?

Nos situations ne sont pas identiques. Mais le doute, la peur du jugement, la difficulté à se sentir légitime dans ce que l’on ressent… sont des expériences profondément humaines.

Et lorsque chacun garde une partie de ce qu’il vit pour lui, il devient facile de se croire seul.


Écouter avant de vouloir expliquer

Lorsque quelque chose nous travaille, nous pouvons vouloir immédiatement trouver la cause.

Quelle peur se cache derrière ?Quelle croyance me bloque ?Est-ce que je me sabote ?

Peut-être.

Mais pas forcément.

Il peut s’agir d’un besoin que nous écoutons peu, d’une limite difficile à poser, d’une peur, d’une manière de voir les choses, d’une situation qui ne nous correspond plus, de notre environnement…

Ou de quelque chose que nous n’avons pas encore identifié.

Il n’existe pas une explication universelle cachée derrière chaque difficulté.

Avant de vouloir expliquer, nous pouvons donc commencer par écouter.




Et si nous changions simplement de question ?

Au lieu de nous demander :

« Est-ce que c’est vraiment assez grave pour que je m’en préoccupe ? »

Nous pouvons essayer autre chose :

Quelle place cela prend-il dans ma vie ?

Depuis combien de temps est-ce que je compose avec ?

Qu’est-ce que cela influence dans mes choix, mes relations ou ma manière de vivre ?

Et surtout :

Est-ce que ce que je vis aujourd’hui me convient vraiment ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être au plus mal pour s’intéresser à ce que l’on ressent.

On peut aussi avoir envie de comprendre ce qui nous travaille, de prendre du recul ou de faire évoluer quelque chose dans notre vie simplement parce que nous sentons que cela ne nous correspond plus.

C’est aussi ainsi que j’envisage l’accompagnement chez Essence de Soi : non pas chercher à tout prix ce qui « ne va pas », mais créer un espace pour explorer ce qui est présent, mieux comprendre ce qui se joue pour soi et retrouver davantage de liberté dans ses choix.

Alors, la prochaine fois que tu te surprendras à penser :

« Ce n’est pas si grave… »

peut-être peux-tu ajouter :

« D’accord. Mais est-ce que cela me convient pour autant ? »

Parce qu’entre « ce n’est pas grave » et « cela me convient », il y a parfois tout un espace à explorer.

 
 
 

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